Bulletin de Situation Hydrologique des nappes du bassin Adour-Garonne au 1er avril 2017

Depuis janvier 2017 un nouvel indicateur de l’état des nappes est proposé. Cet Indicateur Piézométrique   Standardisé (IPS) est applicable sur l’ensemble des points de suivi des niveaux d’eau souterraine ayant au moins 15 valeurs. Sept classes ont été retenues pour indiquer l’état des nappes avec une graduation allant de « niveaux très bas » à « niveaux très hauts ». Des équivalences en termes de période de retour sont proposées. Toutefois, l’utilisation de la terminologie propre à l’IPS sera privilégiée, principalement pour les nappes à cycle pluriannuel (que l’on ne peut pas traiter en termes de période de retour). L’iconographie liée au BSH reste inchangée.

Commentaire général 06/04/2017 :
L’ensemble des nappes du bassin Adour-Garonne voit la situation de hausse des niveaux entamée en début d’année 2017 se poursuivre en mars. Après un automne où les précipitations ont été peu importantes, le processus de recharge des nappes s’est entamé tardivement, le plus souvent à partir de février uniquement. Les précipitations du mois de mars ont permis de rattraper une partie du fort déficit de recharge, en particulier pour les aquifères calcaires du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois et pour la nappe du Plio-Quaternaire aquitain. Sauf exceptions locales, la situation est proche de la moyenne pour les aquifères calcaires karstifiés du Jurassique moyen et supérieur et les nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne. Les niveaux sont même modérément hauts pour les aquifères alluviaux de l’Adour et du Gave de Pau. Seule la situation des aquifères alluviaux de la Garonne amont et de ses principaux affluents ne s’est pas améliorée : les niveaux restent modérément bas à bas.

Aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois
Description
Les affleurements de calcaires du Crétacé supérieur sont visibles dans les départements de Charente-Maritime jusqu’en rive droite de l’estuaire de la Gironde, en Charente et en Dordogne, et plongent sous les formations tertiaires dans la plus grande partie du bassin aquitain. Cet ensemble comprend des aquifères multicouches karstifiés, souvent en relation avec les formations jurassiques sous-jacentes. En Aquitaine, le Maastrichtien est formé de calcaires peu épais mais très productifs et l’aquifère karstique   du Turonien-Sénonien présente également de très bonnes caractéristiques hydrodynamiques (T = 1 à 5.10-2 m/s). Dans sa partie libre, le Cénomanien présente une épaisseur totale de quelques dizaines de mètres, et ses propriétés aquifères sont très variables. Ces niveaux aquifères du Crétacé supérieur sont largement exploités pour l’adduction d’eau potable et l’irrigation.

Bilan au 06/04/2017 :
La hausse des niveaux entamés en février sur les aquifères karstiques du Crétacé s’est poursuivie en mars 2017. La forte recharge enregistrée permet de retrouver des niveaux modérément bas à proches de la moyenne, alors qu’ils étaient encore très bas en février. Les niveaux restent cependant très bas au sud-ouest, à proximité de la Gironde.

Nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne
Description
Les alluvions récentes, étalées dans les principales vallées, constituent des aquifères d’importance variable, selon la qualité des matériaux et l’étendue des réservoirs, souvent subdivisés par des intercalations argileuses.
Sur les rives de la Garonne et dans la basse vallée de la Dordogne, les sables et graviers assez bien développés constituent des réservoirs aquifères très exploitables.
Les terrasses d’alluvions anciennes de la Garonne, constituées de sables, graviers et argiles sont parsemées de nombreux puits domestiques aux productions moyennes à médiocres.
Ces nappes alluviales sont peu sollicitées par les ouvrages d’exploitation pour l’alimentation en eau potable et sont sensibles aux variations saisonnières de la pluviométrie.

Bilan au 06/04/2017 :
Les niveaux piézométriques des nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne continuent de voir leur niveau augmenter, une hausse entamée au début de l’année 2017. Les niveaux, modérément bas en février, sont désormais proches de la moyenne, aussi bien pour la nappe alluviale Garonne aval que pour celle de la Dordogne. La seule exception concerna la partie la plus amont de la nappe alluviale de la Garonne, dans le Lot-et-Garonne, où les niveaux restent modérément bas.

Nappe du Plio-Quaternaire aquitain
Description
Ce système aquifère   libre correspond à un vaste ensemble multi-couches, sablo-argileux, composé par les formations du Miocène supérieur au Quaternaire. Ce multicouche essentiellement sableux, entre Gironde-Garonne-Adour-Midouze et littoral, correspond aux Sables des Landes, au Plio-quaternaire, aux aquifères semi-captifs du Pliocène et du Miocène.
Cet aquifère qui s’épaissit d’est en ouest (où il peut atteindre une centaine de mètres) constitue un réservoir aquifère très étendu, à nappe libre drainée par les rivières, ruisseaux et canaux artificiels. Il s’écoule en direction de la Garonne pour une faible part, et surtout vers l’ouest où il alimente les étangs alignés de Hourtin, Lacanau, Cazaux, Parentis, etc.
Il faut noter le rôle de relais de cette nappe directement alimentée par les pluies, qui alimente à son tour pour l’essentiel les nappes des couches du Miocène, et de l’Oligocène sous-jacents. Sa recharge est rapide et d’une année sur l’autre, les réserves sont généralement reconstituées.
La grande majorité des forages est utilisée pour l’agriculture.
Cet aquifère est aussi utilisé pour la défense contre l’incendie, l’arrosage individuel et collectif. Il est particulièrement vulnérable (teneurs en nitrates, pesticides, fer élevées).

Bilan au 06/04/2017 :
La hausse du niveau des nappes du Plio-Quaternaire, entamée en début d’année 2017, s’est poursuivie en mars. Les niveaux redeviennent modérément bas à moyens au nord et au sud de la nappe, mais restent très bas dans sa partie centrale.

Nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau
Description
Sur la partie amont des alluvions de l’Adour, située exclusivement dans l’ancienne région Midi-Pyrénées, les alluvions grossières de l’Adour reposent sur les formations imperméables de l’Eocène et du Pliocène (molasses et argiles à galets), sauf dans le secteur au Sud d’Ossun où elles reposent sur des formations imperméables allant de l’Albien au Maastrichtien (flyschs marneux, calcaires, gréseux ou ardoisiers). Dans la partie avale, les alluvions de l’Adour peuvent également reposer sur des alluvions anciennes peu perméables ou sur les Sables Fauves tortoniens perméables.
Le substratum peut être considéré comme imperméable voire semi-perméable par secteurs. Les terrasses alluviales sont de type « emboîté ».
Le réservoir est constitué par les alluvions grossières de l’Adour : sables et graviers quaternaires. En amont, l’épaisseur des alluvions peut être importante et atteindre 40 m d’épaisseur, et les caractéristiques hydrodynamiques sont bonnes.
Les nappes alluviales de l’Adour sont intensément exploitées pour l’usage agricole.
Dans la vallée du Gave de Pau, les nappes alluviales sont composées par des terrasses latérales (nappe de Denguin, nappe de Lons) situées en position haute par rapport à la terrasse actuelle (Saligue) sur laquelle divague le Gave. Les terrasses latérales sont formées par une dizaine de mètres de sables, graviers et galets. L’épaisseur de cet aquifère ne dépasse généralement pas 10 m, mais les bonnes caractéristiques hydrodynamiques (T > 10-2 m/s) permettent d’escompter des débits unitaires élevés. Ces nappes alluviales sont exploitées de façon importante pour l’AEP, mais également pour l’agriculture et l’industrie.

Bilan au 06/04/2017 :
La dynamique piézométrique   des nappes poursuit sa hausse entamée en début d’année 2017, en particulier dans la nappe du Gave de Pau et dans la partie aval de l’Adour. Dans la partie amont de la nappe de l’Adour, les niveaux se sont plutôt stabilisés après la forte hausse de février. Les niveaux, autour de la moyenne en février, sont désormais modérément hauts, à l’exception de la partie la plus amont de la vallée de l’Adour, où ils restent modérément bas.

Nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents
Description
Les systèmes de nappes alluviales de la Garonne amont concernent tout particulièrement l’ancienne région Midi-Pyrénées. Elles sont surtout développées dans la vallée de la Garonne, mais concernent également les alluvions du Tarn, de l’Aveyron et de l’Ariège.
Outre leur dissymétrie et leur faible épaisseur, la caractéristique la plus importante des terrasses alluviales de la Garonne est leur disposition étagée. Chaque terrasse reposant sur des formations tertiaires peu perméables est séparée des terrasses plus récentes ou plus anciennes par un ressaut de terrain où le substratum tertiaire affleure. Une ligne de source ponctue le plus souvent cette limite.
La perméabilité des alluvions, qui comportent des éléments argileux est souvent médiocre sur les hauts niveaux (basses et moyennes terrasses) et devient meilleure sur les bas niveaux (basse plaine et alluvions actuelles). Par ailleurs, la faible épaisseur de la nappe fait souvent obstacle à la possibilité d’obtenir des débits ponctuels assez importants.

Bilan au 06/04/2017 :
Les niveaux des nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents, repartis à la hausse en février 2017, voire courant janvier pour la partie la plus amont de la nappe de la Garonne, poursuivent leur hausse en mars. Globalement, les niveaux sont modérément bas, mais restent proches de niveaux classés comme bas, hormis pour la nappe alluviale de l’Aveyron.

Aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur
Description
Les séries calcaires déposées au Jurassique moyen (Dogger) et supérieur (Malm), sur une grande partie du bassin Adour-Garonne, affleurent dans le nord du bassin sur la moitié nord du département de la Charente, mais également dans les Causses du Quercy (Lot) et les Grands Causses (Aveyron). Ces niveaux s’enfoncent en direction du sud-ouest sous les dépôts du Crétacé et du Tertiaire. L’épaisseur de cette formation varie de 200 à 300 m en fonction des secteurs. Ces calcaires sont fréquemment karstifiés et renferment des aquifères de grande extension qui reposent sur les marnes du Toarcien. Il s’agit en fait d’aquifères multicouches, séparés par des formations perméables à semi-perméables. Ces aquifères karstiques, localement très productifs, sont intensément exploités pour l’usage AEP, mais également agricole dans le secteur charentais.

Bilan au 06/04/2017 :
Les niveaux piézométriques des calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur, repartis à la hausse en février 2017 uniquement, poursuivent leur hausse en mars. Les niveaux sont globalement autour de la moyenne, voire modérément hauts. La seule exception concerne la partie nord-charentaise de la zone, où les niveaux restent très bas mais se rapprochent d’un niveau bas.

Vous pouvez également consulter le BSH national au 1er avril 2017 :

Note d’information sur l’état des nappes d’eau souterraine.
Carte de France de la situation des nappes au 1er avril 2017.

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