BSH des nappes du bassin Adour-Garonne au 1er juin 2020

Le Bulletin de Situation Hydrologique (BSH) est un outil de veille hydrologique qui permet de suivre l’évolution du débit des principaux cours d’eau et des réserves en eaux souterraines, notamment en période d’étiage.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la manière dont le Bulletin de Situation Hydrologique des nappes est calculé par le BRGM ici.

Les 6 indicateurs et les 32 points de suivi du bassin Adour-Garonne sont décrits dans l’article suivant.

Afin de visualiser plus rapidement les tendances des derniers mois et de comparer la situation à la même époque les années précédentes, les IPS des derniers mois, et des mêmes mois des années antérieures sont présentés sous forme graphique, en complément de l’indice IPS et de la tendance du mois dernier.

En plus de ces cartographies, toutes les chroniques piézométriques (évolution des niveaux sur les 30 dernières années et sur la dernière année) sont présentées simultanément pour chaque système aquifère  , à l’exception des aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur, séparés en partie nord (Charentes) et sud (sources des Causses).

Afin de comparer l’évolution des niveaux sur un même graphique, le niveau piézométrique   se voit soustraire la moyenne des niveaux mensuels moyens d’étiage ou HMNA [1]. Cela permet à la fois de comparer les recharges / tarissements entre les différents secteurs d’un même système aquifère  , et de positionner le niveau par rapport à celui d’un étiage moyen. Comme pour le calcul des IPS, ce dernier point est toutefois conditionné par le fait que les chroniques n’ont pas la même durée et peuvent recouper des cycles hydrologiques différents.

Commentaire général au 08/06/2020 :
Alors que la décharge des nappes s’était enclenchée au cours du mois de mars et s’était poursuivie sur l’ensemble du bassin Adour-Garonne en avril, le mois de mai a été marqué par différents épisodes pluvieux, qui ont permis une nouvelle période de hausse des niveaux piézométriques, s’ajoutant à une période de recharge 2019-2020, déjà nettement excédentaire, notamment grâce aux précipitations de la fin de l’année 2019.
Si la fin du mois de mai, marquée par un temps plus sec et de fortes températures, s’est accompagnée d’une baisse du niveau des nappes, sur l’ensemble du mois, les niveaux sont orientés à la hausse sur 53% des indicateurs ponctuels du bassin Adour-Garonne et sont stables sur 28% de ces derniers.
La décharge l’a emporté sur les 19% d’indicateurs ponctuels restants où les niveaux restent orientés à la baisse. Ceux-ci se situent en quasi-totalité (5 sur 6) dans la partie la plus septentrionale du bassin (Charente et Charente-Maritime).
En terme d’IPS, alors que les niveaux modérément hauts prédominaient en avril, on retrouve à nouveau une plus forte proportion de niveaux hauts ou très hauts (44%), sans toutefois atteindre les chiffres enregistrés entre novembre 2019 et mars 2020 (59 à 88%).
Ainsi, ce mois de mai se caractérise par :

  • Une large majorité (78%) de niveaux supérieurs à la moyenne ;
  • Un tiers de niveaux modérément hauts (34%) ;
  • Un tiers de niveaux très hauts (31%) ;
  • Très peu (9%) de niveaux inférieurs à la moyenne, concentrés dans le secteur des Causses du Quercy ;
  • Aucun niveau bas ou très bas.

Les précipitations de ce mois de mai 2020 ont été suffisamment efficaces pour stopper provisoirement la période de décharge 2020 sur le bassin Adour-Garonne, à la seule exception des Charentes. Les niveaux sont presque partout supérieurs à la moyenne et oscillent entre modérément hauts et très hauts. Ils sont particulièrement hauts sur une large façade ouest et sud-ouest du bassin. A l’inverse, ils sont modérément bas dans les Causses du Quercy, où ils étaient très bas au mois d’avril. Hormis ce secteur, la situation apparaît plus favorable que les années précédentes, y compris l’année 2018 qui avait été marquée par une forte recharge. Toutefois, en 2018, le mois de juin avait connu une nouvelle hausse des niveaux sous l’effet de nombreuses précipitations.
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Bilan Global
Bilan Global


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BSH Compar IP

Aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois
Moins arrosée que le reste du bassin, sa partie la plus septentrionale est marquée par un maintien de la tendance à la baisse des niveaux entamée en avril. A l’échelle des indicateurs ponctuels, cela se traduit par un niveau moyen en baisse sur la façade Atlantique (Saint-Agnant, 17, Sud Rochefort et Mortagne-sur-Gironde, 17, estuaire Gironde), stable plus à l’est (Dignac, 16, SE Angoulême) et en hausse plus au sud (Bourrou, 24, SO Périgueux).
Les niveaux moyens sont compris entre proches de la moyenne pour un mois de mai (Dignac) et très hauts (Bourrou), en passant par modérément hauts (Mortagne-sur-Gironde) et hauts (Saint-Agnant).
Pour Bourrou, moins réactif aux précipitations que les autres, bien que très haut pour un mois de mai, le niveau n’est supérieur au HMNA que de moins de 1 m à la fin du mois. Pour les deux piézomètres aux plus forts battements (Dignac et Mortagne-sur-Gironde), tandis qu’à Mortagne le niveau reste très supérieur au niveau d’étiage moyen, de 7 m à fin mai, la décharge entamée courant mars à Dignac le rapproche à 2,5 m au-dessus du HMNA.

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Chroniques IG17

Nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne
Tous les indicateurs ponctuels suivent la tendance majoritaire à la hausse des niveaux moyens en mai, à l’exception de Sauveterre-Saint-Denis (47, SE Agen) où le niveau est resté stable en mai, comme en avril où la tendance générale était cette fois à la baisse.
Avec cette hausse printanière, les niveaux sont partout très hauts pour un mois de mai, à la seule exception, là encore, de Sauveterre-Saint-Denis, où ils restent hauts.
Marcellus (47, Ouest Marmande) est le piézomètre le plus réactif, avec des niveaux qui restent plus de 2 m au-dessus du niveau d’étiage moyen à la fin mai. Pour les autres points de suivi, aux battements moins importants, les niveaux restent autour de 1 m au-dessus du HMNA à la fin mai.

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Chroniques IG18

Nappe du Plio-Quaternaire aquitain
Tous les indicateurs ponctuels suivent la tendance majoritaire à la hausse des niveaux moyens en mai, à la seule exception de Campet-et-Lamolère (40, Ouest Mont-de-Marsan), où le niveau moyen est stable par rapport à avril. Suivant les secteurs, un ou deux épisodes de recharge ont permis de faire remonter les niveaux avant une récession continue lors de la seconde quinzaine du mois.
Cet épisode de recharge a été conséquent (localement près de 1 m), si bien que les niveaux sont désormais partout très hauts, à la seule exception de Saucats (33, Sud Bordeaux), où ils redeviennent proches de la moyenne, comme en décembre 2019 et mars 2020, ce qui constitue sur ce point l’indice IPS le plus élevé depuis la mise en place de cet indicateur au début de l’année 2017.
Ainsi, sur ce piézomètre au fort battement, le niveau est remonté de près de 3,8 m depuis septembre 2019 et est repassé 2 m au-dessus du niveau d’étiage moyen courant mai, avant une nouvelle récession. A Ychoux (40, Sud bassin d’Arcachon), au fort battement également, le niveau est supérieur de 2 m au HMNA à fin mai.
Pour Le Temple (33, Ouest Bordeaux) et Lanton (33, O-SO Bordeaux), aux battements plus modérés, le niveau reste supérieur de 1 m à l’étiage moyen à fin mai. Enfin, pour le piézomètre le moins réactif, situé plus au sud, à Campet-et-Lamolère (40, Ouest Mont-de-Marsan), le niveau n’est qu’environ 0,5 m au-dessus du HMNA.

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Chroniques IG19

Nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau
Tous les indicateurs ponctuels suivent la tendance majoritaire à la hausse des niveaux moyens en mai, l’amplitude de la recharge étant plus conséquente (1 m) sur les piézomètres les plus réactifs (Saint-Cricq-du-Gave, 40, Ouest Orthez et Tarsac, 32, SE Mont-de-Marsan) que sur le plus « plat » (20 cm à Lafitole, 65, Nord Tarbes).
Ainsi, les niveaux redeviennent très hauts en amont (Laloubère, 65, Sud Tarbes) et en aval (Tarsac) de la plaine de l’Adour. Ils sont hauts dans la vallée du Gave (Saint-Cricq-du-Gave) et redeviennent modérément hauts à Lafitole.
Toutefois, le battement de la nappe est très faible (environ 0,5 m) et la chronique est plus longue à Lafitole, incluant notamment le milieu des années 1990 et ses niveaux hauts. Le niveau reste toutefois au-dessus du niveau d’étiage moyen depuis début novembre, mais ne lui est plus supérieur que de 10 cm à fin mai.
A Saint-Cricq-du-Gave et Tarsac, le niveau reste autour de 0,8 m au-dessus du HMNA à la fin mai, alors que pour Laloubère, aux variations moins brutales, la récession n’a recommencé qu’à la toute fin du mois de mai, alors que le niveau dépassait encore de plus de 1,5 m le niveau d’étiage moyen.

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Chroniques IG20

Nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents
Si à l’échelle de l’indicateur global, le niveau des nappes alluviales de la Garonne amont et de ses affluents est orienté à la hausse, sous l’impulsion des hausses de Saint-Porquier (82, SE Castelsarrasin) et Ondes (31, Nord Toulouse), la majorité des indicateurs ponctuels voit son niveau se stabiliser en mai. La vallée de l’Aveyron (Bioule, 82, Est Montauban) est même le seul secteur du bassin avec les Charentes à enregistrer un niveau moyen en baisse.
Toutefois, à l’exception du piézomètre de Saint-Elix (31, NE Cazères), plus réactif aux précipitations et qui a connu un épisode de recharge d’environ 0,5 m, l’amplitude des variations a été très limitée dans ce secteur du bassin, aussi bien pour l’épisode de recharge que pour les phases de décharge.
En terme d’IPS, les niveaux sont en majorité modérément hauts. Ils sont même hauts à Saint-Elix mais restent toutefois proches de la moyenne à Saint-Porquier. Dans ce cas, l’IPS moins élevé s’explique par une chronique nettement plus longue, que les autres, incluant notamment le milieu des années 1990 et ses niveaux hauts.
Toutefois, le niveau y est comme partout ailleurs supérieur au niveau d’étiage moyen. Les niveaux à fin avril restent supérieurs au HMNA de 0,35 (Saint-Porquier) à 1,8 m (Saint-Elix).

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Chroniques IG21

Aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur
L’évolution des niveaux est contrastée suivant les secteurs pour ce mois de mai. Les niveaux sont partout orientés à la baisse dans le secteur charentais, comme pour les aquifères calcaires du Crétacé supérieur, et varient entre stabilité et hausse des niveaux moyens pour les sources des Causses.
Les disparités géographiques se retrouvent également en termes d’IPS, mais avec un découpage différent. Ainsi, les niveaux restent modérément hauts sur les piézomètres charentais et pour les sources des Grands Causses, à l’exception de Ballans (17, NO Angoulême) où ils deviennent proches de la moyenne.
Par contre, les niveaux sont modérément bas pour les sources des Causses du Quercy. C’est toutefois une amélioration par rapport à la situation d’avril, où les niveaux étaient bas (le Blagour, 46, Nord Souillac) à très bas (le Lantouy, 12, Est Cahors et la Gourgue, 82, Est Caussade).
Sur les piézomètres charentais, aux forts battements saisonniers, les niveaux restent supérieurs au niveau d’étiage moyen de 5,2 à 12,5 m à fin mai.
Pour les systèmes karstiques des Causses dont le niveau est suivi via celui des sources constituant leurs exutoires, l’amplitude de variation des niveaux est évidemment moindre, et la réactivité aux épisodes de précipitations est encore plus marquée. Les niveaux, restent supérieurs de quelques centimètres à 0,2 m au HMNA à la fin du mois de mai, avec un niveau plus élevé pour la Gourgue, très sensible aux précipitations.

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Chroniques IG22N


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Chroniques IG22S

Vous pouvez également consulter le BSH national au 1er juin 2020 (liens actifs quelques jours après la publication de cet article) :

Note d’information sur l’état des nappes d’eau souterraine.

Carte de France de la situation des nappes au 1er juin 2020.

[1HMNA = minimum sur l’année des moyennes mensuelles (correspondant généralement dans le bassin Adour-Garonne à un mois compris entre août et octobre).

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