BSH des nappes du bassin Adour-Garonne au 1er octobre 2018

Le Bulletin de Situation Hydrologique (BSH) est un outil de veille hydrologique qui permet de suivre l’évolution du débit des principaux cours d’eau et des réserves en eaux souterraines, notamment en période d’étiage.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la manière dont le Bulletin de Situation Hydrologique des nappes est calculé par le BRGM ici.

Les 6 indicateurs et les 32 points de suivi du bassin Adour-Garonne sont décrits dans l’article suivant.

Commentaire général au 05/10/2018 :
Dans la tendance des mois précédents, le mois de septembre 2018 marque la fin d’un été sec et chaud. L’absence de pluviométrie significative et le maintien de températures élevées, et donc d’une forte demande en eau des plantes, n’ont donc pas permis d’observer une amorce de recharge des nappes. Alors qu’on entre dans la période de basses eaux, les niveaux restent orientés à la baisse sur 86% des indicateurs ponctuels (ils sont stables sur les 14% restants) et sur l’ensemble des indicateurs globaux.

A l’échelle du bassin Adour-Garonne, en raison de la forte recharge enregistrée pendant l’hiver et le printemps 2017-2018, les niveaux restent modérément hauts. La situation est toutefois de plus en plus contrastée suivant les secteurs du bassin, puisque les niveaux sont désormais proches de la moyenne pour les aquifères calcaires (Crétacé des Charentes et du Périgord et karsts du Jurassique) et le Plio-Quaternaire aquitain. Inversement, ils restent hauts pour les aquifères alluviaux de la Garonne et de ses affluents. Enfin, ils sont modérément hauts pour les nappes alluviales de l’Adour et des Gaves.
A l’échelle des indicateurs ponctuels, 62% des niveaux sont supérieurs à la moyenne pour un mois de septembre, un chiffre comparable à celui du mois d’août, mais en légère baisse par rapport à ce qui a été observé depuis le début de l’année 2018 (entre 70 et 81%). 31% des points présentent des niveaux hauts ou très hauts, et 24% des niveaux très hauts. Ces chiffres sont en baisse depuis le mois de juin, marqué par une forte pluviométrie ayant contribué à recharger les nappes, mais restent supérieurs à ceux des mois précédant l’été. Inversement, seuls 24% des points de suivi présentent des niveaux inférieurs à la moyenne, un chiffre comparable à celui du mois d’août, mais qui a toutefois doublé par rapport à ceux observés depuis le début de l’année 2018 (entre 9 et 13%). Cependant, si la plupart de ces points présentent des niveaux modérément bas, les deux seuls indicateurs ponctuels présentant un niveau bas au mois d’août affichent désormais un niveau très bas.

Au final, en raison de la longue période de recharge 2017-2018, les niveaux restent globalement modérément hauts, même s’ils se rapprochent de plus en plus de la moyenne. La chaleur estivale et l’absence de précipitations notables pendant cette période ont compensé la forte pluviométrie hivernale et printanière, et l’étiage 2018, qui n’a pas encore été atteint en ce mois de septembre, devrait donc être proche de la moyenne, si l’arrivée des précipitations ne tarde pas trop et permet de stopper la tendance à la baisse observée pendant les trois mois d’été.

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Aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois
Comme depuis le mois de juillet 2018, les niveaux sont orientés à la baisse sur tous les indicateurs ponctuels. Cette baisse est marquée pour un mois de septembre, puisque les niveaux proches de la moyenne enregistrés au mois d’août sur au nord-ouest et au sud-est du système aquifère   sont désormais modérément bas. Dans la partie centrale, où les niveaux étaient hauts depuis juin, ils sont désormais modérément hauts à hauts.
A l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont donc désormais proches de la moyenne.

Nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne
Comme depuis le mois de juillet 2018, les niveaux sont orientés à la baisse sur tous les indicateurs ponctuels. Les niveaux restent comparables à ceux observés depuis le mois de juin et même très exactement comparables à ceux enregistrés en août : ils restent très hauts pour cette période de l’année pour la vallée de la Dordogne et la partie centrale de la nappe alluviale de la Garonne aval et modérément hauts pour les parties la plus avale et la plus amont de la vallée de la Garonne dans ce système aquifère  . Intégrés à l’échelle du système aquifère  , on constate toutefois un léger fléchissement, puisque les niveaux sont désormais globalement hauts, alors qu’ils étaient considérés comme très hauts depuis le mois de juin.

Nappe du Plio-Quaternaire aquitain
La tendance est à la baisse des niveaux pour la nappe du Plio-Quaternaire aquitain depuis le mois de mai 2018. Elle se maintient pour ce mois de septembre pour l’ensemble des indicateurs ponctuels. Après cinq mois consécutifs de baisse, les niveaux restent globalement proches de la moyenne, comme au mois d’août. De fortes variations locales sont toutefois enregistrées. Ainsi, les niveaux restent très hauts au sud des Landes alors qu’ils sont désormais très bas au sud de Bordeaux, dans un secteur où ils étaient toutefois modérément bas depuis le début de l’année. A l’est du bassin d’Arcachon, en Gironde et au nord des Landes, ils sont proches de la moyenne à modérément hauts, ce qui dénote d’une baisse un peu plus marquée pour la partie girondine de ce secteur. A l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont donc proches de la moyenne, comme au mois d’août. Toutefois, le résultat présenté le mois dernier était influencé par l’absence de données pour l’indicateur ponctuel du sud des Landes, où les niveaux restent très hauts. Sur les quatre autres indicateurs, la tendance est plutôt à une baisse plus marquée que la moyenne pour un mois de septembre.

Nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau
Comme depuis le mois de juillet 2018, les niveaux sont orientés à la baisse sur tous les indicateurs ponctuels des nappes alluviales de l’Adour. Cependant, les données restent indisponibles pour l’indicateur ponctuel de la partie aval de la vallée de l’Adour, un secteur où les niveaux étaient très hauts en juin et juillet. C’était aussi le cas dans la partie amont de la vallée de l’Adour, où les niveaux sont également très hauts en septembre. Par contre, dans la partie centrale, la baisse a été plus prononcée au cours de l’été. Au mois de septembre, les niveaux restent toutefois modérément bas, comme au mois d’août. Enfin, dans la vallée du Gave de Pau, les niveaux, très hauts en juin et juillet, sont désormais hauts. A l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont modérément hauts, du fait des résultats contrastés suivant les secteurs.

Nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents
Pour les nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents, les niveaux restent orientés à la baisse sur la plupart des indicateurs ponctuels, la seule exception concernant l’indicateur du Fauga, pour lequel le résultat est toutefois influencé par l’absence de mesures entre le 2 juillet et le 25 août 2018. Concernant les niveaux proprement dits, les observations des mois précédents se confirment, avec un clivage entre la partie amont et la partie aval du système aquifère  , toutefois moins marqué que les mois précédents. Au sud, dans la vallée de l’Ariège et la vallée de la Garonne en amont du confluent avec l’Ariège, les niveaux sont très hauts. Plus au nord, dans la vallée de la Garonne toulousaine (entre les confluents avec l’Ariège et le Tarn) et dans la vallée du Tarn, les niveaux sont modérément hauts. Enfin, toujours en Tarn-et-Garonne mais dans la vallée de l’Aveyron, ils sont proches de la moyenne. Comparé au reste du bassin, ce secteur a connu une recharge des nappes moindre pendant l’hiver et le printemps 2017-2018, mais le tarissement y a aussi été moins marqué qu’ailleurs en ce mois de septembre, la vallée de la Garonne en amont du confluent avec l’Ariège ayant même connu un épisode de recharge au début du mois (+10 à 20 cm). A l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont donc désormais hauts, alors qu’ils n’étaient que modérément hauts depuis le mois de mars.

Aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur
Les calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur forment le seul système aquifère   du bassin où la tendance à la baisse des niveaux n’est pas aussi généralisée. Si la tendance est bien à la baisse sur la partie charentaise et le sud des Causses du Quercy et des Grands Causses, les niveaux se sont stabilisés pour les sources de la partie septentrionale et centrale des Causses du Quercy et la partie occidentale des Grands Causses. Les niveaux sont contrastés, variant de très bas à modérément hauts, avec une tendance à des niveaux moins hauts qu’au mois d’août. Les niveaux les plus bas sont toujours enregistrés pour les sources des Causses du Quercy, où ils varient entre très bas dans la partie centrale et modérément bas au nord et au sud. Inversement, les niveaux restent modérément hauts pour les sources des Grands Causses, même s’ils étaient plutôt hauts à très hauts il y a un mois. La tendance est comparable pour la partie charentaise, où les niveaux sont désormais proches de la moyenne à modérément hauts. Cette spatialisation des niveaux confirme les observations des deux mois précédents, mettant en évidence des niveaux plus bas dans les Causses du Quercy. A l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont désormais proches de la moyenne, alors qu’ils étaient encore hauts en juin et juillet.

Vous pouvez également consulter le BSH national au 1er octobre 2018 :

Note d’information sur l’état des nappes d’eau souterraine.

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