BSH des nappes du bassin Adour-Garonne au 1er octobre 2020

Le Bulletin de Situation Hydrologique (BSH) est un outil de veille hydrologique qui permet de suivre l’évolution du débit des principaux cours d’eau et des réserves en eaux souterraines, notamment en période d’étiage.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la manière dont le Bulletin de Situation Hydrologique des nappes est calculé par le BRGM et présenté à l’échelle du bassin Adour-Garonne ici.

Les 6 indicateurs et les 32 points de suivi du bassin Adour-Garonne sont décrits dans l’article suivant.

Depuis août 2020, s’inspirant de la présentation utilisée pour le BSH du Limousin et afin d’améliorer la lisibilité, le bilan global à l’échelle du bassin Adour-Garonne est désormais synthétisé sous la forme de deux graphiques plutôt que d’un tableau.

Commentaire général au 06/10/2020 :
Au cours de ce mois de septembre au cours duquel la pluviométrie a été conforme à la normale sur l’ensemble du bassin Adour-Garonne, la décharge saisonnière des nappes s’est poursuivie sur la majorité du bassin, avec 71% des indicateurs ponctuels orientés à la baisse. Toutefois, les niveaux se sont stabilisés (19% des indicateurs) ou sont repartis à la hausse (10% des indicateurs) dans plusieurs secteurs du bassin, en particulier les Causses (Quercy et Grands Causses) et les nappes alluviales de la partie sud-ouest du bassin (Garonne aval, Adour et Gave de Pau). Après trois mois de baisse générale des niveaux, cette tendance annonce le début prochain de la période de recharge, alors que le début du mois d’octobre est riche en précipitations.
Malgré la sécheresse de l’été 2020, les niveaux restent très majoritairement supérieurs à proches de la moyenne pour un mois de septembre en raison d’une recharge 2019-2020 nettement excédentaire. Quant à l’IPS, ce mois de septembre se caractérise par :

  • Une majorité (55%) de niveaux supérieurs à la moyenne, un chiffre qui continue de baisser par rapport aux mois précédents ;
  • Parmi ceux-ci, près d’un indicateur sur quatre (23%) avec un niveau modérément haut, un chiffre en baisse, compensé par un indicateur sur quatre (26%) avec un niveau haut, soit deux fois plus qu’en juillet et août ;
  • Près d’un indicateur sur quatre (23%) avec un niveau proche de la moyenne ;
  • Près d’un indicateur sur quatre (23%) avec un niveau inférieur à la moyenne, dont quatre (13%) avec un niveau bas, comme au mois d’août ;
  • Toujours aucun niveau très bas. Par rapport aux trois mois précédents, le mois de septembre a été marqué par une hausse du nombre d’indicateurs avec des niveaux hauts et modérément bas au détriment du nombre d’indicateurs avec des niveaux modérément hauts, illustrant une décharge plus rapide que la moyenne d’un mois de septembre dans certains secteurs, et plus lente dans d’autres. Si la baisse des niveaux reste la tendance dominante, ceux-ci restent donc globalement proches de la moyenne à modérément hauts à l’échelle du bassin Adour-Garonne. Par rapport aux années précédentes, la situation apparaît plus favorable qu’en 2017 et 2019, mais un peu moins favorable qu’en 2018, où le mois de juin avait été marqué par de fortes précipitations, contribuant à faire remonter nettement les niveaux pour tout l’été. info document - PNG - 1.6 Mo
    Bilan Global IPS - PNG - 94.6 ko
    Bilan Global IPS


    Bilan Global Evol - PNG - 80.2 ko
    Bilan Global Evol


    BSH Compar IP - PNG - 1.6 Mo
    BSH Compar IP

Aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois
La tendance majoritaire à la baisse des niveaux est partagée par tous les indicateurs ponctuels des aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois. Quant à l’IPS, il reste modérément haut pour une majorité des indicateurs ponctuels.
En matière de particularités locales, seul le piézomètre de Bourrou (24, SO Périgueux) présente un niveau modérément bas.
La décharge se poursuivant, les niveaux ont atteint le niveau d’étiage moyen (HMNA) en septembre sur ce piézomètre et celui de Saint-Agnant (17, Sud Rochefort), au battement plus modéré.
Sur les deux piézomètres plus réactifs, les niveaux restent supérieurs au HMNA de 1,4 (Dignac, 16, SE Angoulême) à 1,5 m (Mortagne-sur-Gironde, 17, estuaire Gironde), le niveau de ce dernier ayant toutefois baissé de plus d’un mètre en septembre.

Chroniques IG17 - PNG - 419.2 ko
Chroniques IG17

Nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne
Par rapport à la tendance majoritaire à l’échelle du bassin, les nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne se caractérisent par une moitié des indicateurs présentant un niveau stable et, comme les mois précédents, par des niveaux plus élevés en matière d’IPS, puisque les 4 indicateurs ponctuels présentent des niveaux hauts, voire très hauts pour un indicateur, pour un mois de septembre.
Les niveaux stabilisés se situe dans la partie occidentale, la plus en aval de la vallée de la Garonne, à Marcellus (47, Ouest Marmande) et Latresne (33, SE Bordeaux). Ce dernier présente de plus un niveau très haut.
Bien que les 4 piézomètres présentent des battements saisonniers d’amplitudes différentes, ils se trouvent tous entre 0,3 et 0,6 m au-dessus de leur niveau d’étiage moyen à la fin du mois de septembre, une situation comparable à celle enregistrée fin août.

Chroniques IG18 - PNG - 257 ko
Chroniques IG18

Nappe du Plio-Quaternaire aquitain
La tendance majoritaire en matière d’évolution des niveaux aussi bien que d’IPS s’applique à la nappe du Plio-Quaternaire aquitain : tous les indicateurs sont orientés à la baisse et l’IPS n’a pratiquement pas évolué par rapport au mois d’août.
En matière de particularités locales, les piézomètres du Temple (33, Ouest Bordeaux) et de Campet-et-Lamolère (40, Ouest Mont-de-Marsan) présentent un niveau haut pour un mois de septembre. Inversement, le piézomètre de Saucats (33, Sud Bordeaux) conserve un niveau bas.
Toutefois, pour ce piézomètre, dont la baisse de niveau est conséquente pendant l’été (2,9 m entre fin juin et début septembre 2020), l’IPS est inférieur à la moyenne depuis la mise en place de cet indicateur début 2017, à l’exception de 3 mois au premier semestre 2020.
Son niveau est par ailleurs en hausse depuis le 5 septembre et, à fin septembre, n’est donc plus inférieur au niveau d’étiage moyen (HMNA) que de 1,3 m. Sur les 4 autres piézomètres, le niveau à fin septembre reste proche du HMNA (0,15 à 0,4 m au-dessus).

Chroniques IG19 - PNG - 329.6 ko
Chroniques IG19

Nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau
Les nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau illustrent bien l’apparition de divergences locales en ce mois de septembre quand les trois mois précédents avaient été marqués par une tendance générale applicable à l’ensemble du bassin Adour-Garonne. Ainsi, un seul indicateur présente un niveau à la baisse (Lafitole, 65, Nord Tarbes), quand deux autres voient leur niveau se stabiliser (Tarsac, 32, SE Mont-de-Marsan) et (Saint-Cricq-du-Gave, 40, Ouest Orthez) et le dernier présent un niveau en hausse (Laloubère, 65, Sud Tarbes).
En matière d’IPS, la situation est également contrastée avec des niveaux bas en amont (Laloubère et Lafitole) et modérément haut (Saint-Cricq-du-Gave) à haut (Tarsac) plus en aval. Toutefois, concernant les niveaux bas, la chronique de Laloubère est impactée par les prélèvements estivaux qui se sont poursuivis en septembre et le battement de la nappe est très faible (environ 0,5 m) à Lafitole, ce qui explique le faible IPS malgré une décharge de seulement 13 cm depuis fin juin. De plus, la chronique est plus longue, incluant notamment le milieu des années 1990 et ses niveaux hauts, ce qui explique l’IPS plus faible que sur les autres piézomètres.
Cela explique également que le niveau soit désormais 16 cm en dessous du niveau d’étiage moyen (HMNA) à fin septembre. A Laloubère le niveau se maintient 0,3 m au-dessus du HMNA tandis qu’il bondit à 0,5 - 0,6 m au-dessus du HMNA à Tarsac et Saint-Cricq-du-Gave, à la faveur de fortes précipitations en fin de mois.

Chroniques IG20 - PNG - 345.6 ko
Chroniques IG20

Nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents
La tendance majoritaire en matière d’évolution des niveaux aussi bien que d’IPS s’applique aux nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents : tous les indicateurs sont orientés à la baisse et l’IPS n’a pratiquement pas évolué par rapport au mois d’août.
Aucune particularité locale n’émerge véritablement, la décharge étant similaire et constante sur les 7 piézomètres et les niveaux étant tous proches de la moyenne ou modérément hauts depuis plusieurs mois. Le seul changement d’IPS au mois de septembre est à enregistrer à Saint-Elix (31, NE Cazères), où le niveau devient haut pour un mois de septembre à la faveur d’un épisode de recharge ponctuel en fin de mois sur ce piézomètre plus réactif que les autres.
Les niveaux à fin septembre sont proches des niveaux d’étiage moyen sur 6 des 7 piézomètres, avec des valeurs comprises entre -19 et +18 cm autour du HMNA. La seule exception concerne Saint-Elix, où le niveau reste supérieur au HMNA de plus de 50 cm. Enfin, pour Saint-Porquier (82, SE Castelsarrasin), seul niveau inférieur au HMNA de plus de 3 cm, cela s’explique par une chronique nettement plus longue que les autres, incluant notamment le milieu des années 1990 et ses niveaux hauts.

Chroniques IG21 - PNG - 388 ko
Chroniques IG21

Aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur
Les aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur se caractérisent par des évolutions contrastées suivant les secteurs. Ainsi, dans la partie charentaise, les trois indicateurs restent orientés à la baisse et les IPS ont peu évolué au mois de septembre. Les niveaux restent majoritairement proches de la moyenne et localement bas à Saint-Projet (16, NE Angoulême). Sur ce piézomètre au très fort battement saisonnier, le niveau a baissé de plus de 17,5 m au cours de l’été avant de commencer à remonter rapidement à la fin du mois de septembre (+9 m entre le 24/09 et le 05/10).
Quant au HMNA, ce piézomètre se situait 3 m sous le niveau d’étiage moyen à fin septembre, contre 1,15 m (Ballans, 17, NO Angoulême) et 9 cm (Ruffec, 16, Nord Angoulême) sous le HMNA pour les 2 autres piézomètres, aux variations respectivement moins brutales et nettement moindres.
Pour les sources des Causses, réagissant très rapidement à la pluviométrie, la tendance est à la stabilité (le Blagour, 46, Nord Souillac et le Lantouy, 12, Est Cahors) ou à la hausse (la Gourgue, 82, Est Caussade et les Bardels, 12, Nord Rodez) des niveaux.
Les IPS des sources des Causses ont tous progressé au mois de septembre, à l’exception de celui de Lantouy, au niveau déjà très haut en août. Le niveau est désormais haut pour un mois de septembre pour le ruisseau des Bardels et il n’est plus que modérément bas pour le Blagour et la Gourgue, deux sources où le niveau était particulièrement bas en juillet et août.
Par ailleurs, la source du Cernon (12, Sud Millau) n’a encore transmis que partiellement des données au mois de septembre, empêchant de calculer un IPS et une tendance.
Enfin, à la fin du mois de septembre, les niveaux sont partout proches du niveau d’étiage moyen (entre -2 et +11 cm).

Chroniques IG22N - PNG - 414.7 ko
Chroniques IG22N


Chroniques IG22S - PNG - 390.1 ko
Chroniques IG22S

Vous pouvez également consulter le BSH national au 1er octobre 2020 (liens actifs quelques jours après la publication de cet article).
Le bulletin et la carte nationale au format PDF sont téléchargeables en bas de la page indiquée dans le lien.

Revenir en haut