BSH des nappes du bassin Adour-Garonne au 1er juillet 2018

Le Bulletin de Situation Hydrologique (BSH) est un outil de veille hydrologique qui permet de suivre l’évolution du débit des principaux cours d’eau et des réserves en eaux souterraines, notamment en période d’étiage.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la manière dont le Bulletin de Situation Hydrologique des nappes est calculé par le BRGM ici.

Les 6 indicateurs et les 32 points de suivi du bassin Adour-Garonne sont décrits dans l’article suivant.

Commentaire général au 09/07/2018 :
Le mois de juin 2018 a été caractérisé par des fortes précipitations dans la première quinzaine, qui ont entraîné une nouvelle hausse des niveaux piézométriques sur la moitié des indicateurs ponctuels et des indicateurs globaux. Pour les autres grands systèmes aquifères, la situation est à la stabilité ou à la baisse des niveaux, plus conforme à une période de transition des hautes eaux vers les basses eaux. Au niveau des indicateurs ponctuels, 16% des niveaux sont stables et 34% des niveaux sont en baisse par rapport au mois de mai. Spatialement, les hausses de niveaux se concentrent principalement sur les aquifères alluviaux de la Garonne amont et de ses principaux affluents, ainsi que de l’Adour et du Gave de Pau, et les aquifères calcaires du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois. Inversement, les niveaux sont en baisse sur la nappe du Plio-Quaternaire aquitain, alors que la tendance est à la stabilité sur les deux autres grands systèmes aquifères (alluvions de la Garonne aval et de la Dordogne et aquifères calcaires karstifiés du Jurassique). Ce mois de juin est donc globalement marqué par un nouvel épisode de recharge, concentré sur les deux premières semaines, là où les précipitations du mois de mai n’avaient pas généré de précipitations efficaces pour les nappes.

En raison de la forte recharge enregistrée depuis le mois de décembre 2017, les niveaux sont modérément hauts à très hauts sur les 6 indicateurs globaux. Ils sont modérément hauts pour les alluvions de la Garonne amont et de ses principaux affluents, où la recharge a été moins forte que sur le reste du bassin cette année, en particulier sur la partie nord du système. Inversement, ils sont désormais très hauts pour les autres aquifères alluvionnaires, ceux de la Garonne aval et de la Dordogne et de l’Adour et du Gave de Pau. A l’échelle des indicateurs ponctuels, 81% des niveaux sont supérieurs à la moyenne pour un mois de juin, un chiffre légèrement supérieur aux deux mois précédents (plus proche de 70%). De même, 63% des points présentent des niveaux hauts ou très hauts, et 41% des niveaux très hauts. Là encore, ces chiffres sont supérieurs à ceux des mois précédents (respectivement de 25 à 50% et de 5 à 25%). Inversement, seuls 9% des points de suivi présentent des niveaux inférieurs à la moyenne, un chiffre comparable aux mois précédents. De plus, ces points présentent tous des niveaux modérément bas. Au final, en raison de la longue période de recharge 2017-2018, les niveaux restent globalement hauts, les précipitations de la première quinzaine de juin ayant même permis de recharger certains systèmes aquifères.

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Aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois
Alors que la tendance était à la baisse des niveaux sur tous les indicateurs ponctuels au mois de mai 2018, l’évolution des niveaux est plus contrastée pour ce mois de juin. La partie orientale est marquée par des niveaux en hausse, tandis qu’ils sont stables ou en baisse dans la partie occidentale. Les niveaux sont hauts sur l’ensemble des indicateurs ponctuels, à l’exception de l’indicateur situé dans la partie nord-ouest du système, où les niveaux restent modérément hauts. En particulier, le niveau de l’indicateur ponctuel situé au centre du système aquifère  , en baisse continue depuis le mois d’avril, a connu un fort épisode de recharge au début du mois de juin, permettant désormais d’atteindre des niveaux hauts pour un mois de juin.

Nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne
Les nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne ont connu une évolution contrastée en ce mois de juin 2018 : les niveaux sont à la baisse dans la partie aval et la partie la plus amont de la vallée de la Garonne, alors qu’ils sont en hausse dans la partie centrale et dans la vallée de la Dordogne. L’indicateur global indique donc une stabilité des niveaux à l’échelle du système aquifère  . Les niveaux sont très hauts pour tous les indicateurs ponctuels, à l’exception de la partie lot-et-garonnaise de la nappe alluviale de la Garonne, où les niveaux restent modérément hauts. A l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont globalement très hauts, alors qu’ils étaient simplement hauts les mois précédents, ce qui illustre l’impact des précipitations du début du mois sur les niveaux de ce mois de juin.

Nappe du Plio-Quaternaire aquitain
Comme au mois de mai 2018, la tendance est à la baisse des niveaux pour la nappe du Plio-Quaternaire aquitain. La seule exception concerne la partie méridionale du système aquifère  , où les niveaux repartent à la hausse. Après deux mois de baisse généralisée, les niveaux restent globalement hauts, mais avec des variations locales. Ainsi, les niveaux sont très hauts pour les deux indicateurs ponctuels situés aux extrémités nord et sud de la nappe. Au nord et au sud du bassin d’Arcachon, les niveaux sont cette fois modérément hauts, tandis que plus, à l’est, pour l’indicateur ponctuel situé au sud de Bordeaux, les niveaux restent modérément bas, comme les mois précédents.

Nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau
Les précipitations de ce mois de juin 2018, vraisemblablement couplées à la fonte des neiges pyrénéennes, ont contribué à recharger significativement les nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau. Les niveaux sont partout orientés à la hausse, après trois mois d’évolutions plus contrastées. En conséquence, les niveaux sont désormais partout très hauts, à l’unique exception de la partie centrale de la vallée de l’Adour, où les niveaux sont simplement hauts. Cela constitue cependant une évolution significative pour ce secteur, puisque les niveaux y étaient modérément bas à proches de la moyenne depuis le début de l’année 2018. Pour tous les indicateurs, les niveaux maxima enregistrés en ce mois de juin sont proches, voire supérieurs, aux niveaux enregistrés en juin 2013.

Nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents
Pour les nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents, comme au mois de mai 2018, la tendance reste globalement à une hausse des niveaux. Dans certains secteurs, des évolutions différentes sont cependant observés : les niveaux sont stables dans la vallée de l’Ariège et dans la partie la plus avale de la vallée de la Garonne, et sont en baisse dans la vallée de l’Aveyron. Ces tendances locales étaient déjà observées au mois de mai. Concernant les niveaux proprement dits, là encore, les observations du mois de mai se confirment, avec un clivage marqué entre la partie amont et la partie aval du système aquifère  . Au sud, dans la vallée de l’Ariège et la vallée de la Garonne en Haute-Garonne, les niveaux sont modérément hauts à très haut, les indicateurs ponctuels présentant des niveaux très hauts étant ceux situés le plus en amont. Au nord, dans le Tarn-et-Garonne, les niveaux sont modérément bas à modérément hauts. Comparé au reste du bassin, ce secteur a connu une recharge des nappes moindre pendant l’hiver et le printemps 2017-2018. Globalement, les niveaux sont modérément hauts et toujours en hausse.

Aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur
Le système aquifère   des calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur est marqué par une tendance à la baisse ou à la stabilité des niveaux depuis le mois de février 2018. Si cette tendance à la baisse ou à la stabilité se confirme pour les sources des Causses du Quercy et des Grands Causses, les précipitations de début juin ont entraîné une hausse des niveaux dans la partie charentaise du système aquifère  . Globalement, la tendance est donc à la stabilité pour ce système aquifère  , mais avec des caractéristiques locales bien marquées. Les niveaux sont contrastés, variant de modérément bas à très hauts. Là encore, un découpage géographique du système aquifère   permet de mieux appréhender les particularités locales : si les niveaux sont modérément hauts à très hauts, et majoritairement très hauts, dans la partie charentaise et dans les Grands Causses, ils sont proches de la moyenne dans la partie centrales et méridionale des Causses du Quercy et même modérément bas dans la partie septentrionale. A l’échelle du système aquifère  , la tendance globale est à des niveaux hauts.

Vous pouvez également consulter le BSH national au 1er juillet 2018 :

Note d’information sur l’état des nappes d’eau souterraine.

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