BSH des nappes du bassin Adour-Garonne au 1er novembre 2018

Le Bulletin de Situation Hydrologique (BSH) est un outil de veille hydrologique qui permet de suivre l’évolution du débit des principaux cours d’eau et des réserves en eaux souterraines, notamment en période d’étiage.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la manière dont le Bulletin de Situation Hydrologique des nappes est calculé par le BRGM ici.

Les 6 indicateurs et les 32 points de suivi du bassin Adour-Garonne sont décrits dans l’article suivant.

Commentaire général au 09/11/2018 :
Après un été sec et chaud, le mois d’octobre 2018 a été marqué par les premiers épisodes pluvieux de l’automne, en particulier lors de la seconde quinzaine du mois. Leur durée et leur intensité n’ont toutefois pas permis d’entamer la période de recharge des nappes libres à l’échelle de l’ensemble du bassin Adour-Garonne. Si, après trois mois consécutifs sans aucune hausse, les niveaux remontent sur 2 indicateurs et se sont stabilisés sur 1/4 de ceux-ci, ils restent majoritairement orientés à la baisse (68% des indicateurs). A l’échelle des indicateurs globaux, seules les nappes alluviales de l’Adour et des Gaves échappent à une poursuite de la tendance à la baisse (niveaux stables).

A l’échelle du bassin Adour-Garonne, en raison de la forte recharge enregistrée pendant l’hiver et le printemps 2017-2018, les niveaux restent globalement proches de la moyenne à hauts, malgré les 3 mois et demi de sécheresse estivale. Comme au mois de septembre, la situation est toutefois contrastée suivant les secteurs du bassin, puisque les niveaux restent proches de la moyenne pour les aquifères calcaires (Crétacé des Charentes et du Périgord et karsts du Jurassique) et le Plio-Quaternaire aquitain. Inversement, ils restent hauts pour les aquifères alluviaux de la Garonne et de ses affluents. Enfin, ils sont modérément hauts pour les nappes alluviales de l’Adour et des Gaves.
A l’échelle des indicateurs ponctuels, 39% des niveaux sont supérieurs à la moyenne pour un mois d’octobre, un chiffre en baisse sensible par rapport aux mois précédents (plus de 60% en août-septembre, de 70 à 80% de février à juillet). Par contre, cette baisse affecte peu les secteurs où les niveaux étaient hauts ou très hauts (25% contre 31% en septembre) et encore moins les secteurs où les niveaux sont très hauts (21% contre 24%). Inversement, 39% des points de suivi présentent désormais des niveaux inférieurs à la moyenne, un chiffre inédit depuis le début de l’année 2018 (autour de 10% entre février et juillet, autour de 25% en août-septembre). La plupart de ces points présentent toutefois des niveaux modérément bas : seuls deux indicateurs ponctuels présentant un niveau bas à très bas (mais il y a une lacune de données pour un indicateur qui présentait de niveaux bas à très bas les mois précédents).

Au final, en raison de la longue période de recharge 2017-2018 et malgré l’intense sécheresse estivale qui s’est prolongé au début de l’automne, les niveaux restent globalement autour de la moyenne, avec plusieurs secteurs où les niveaux restent hauts à très hauts, essentiellement dans les nappes alluviales. La baisse des températures et le début des précipitations automnales semblent indiquer que l’étiage a été atteint en ce mois d’octobre.

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Aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois
Comme depuis le mois de juillet 2018, les niveaux sont orientés à la baisse sur tous les indicateurs ponctuels. Alors qu’ailleurs, la baisse est quasiment continue, dans le sud-est du système aquifère  , plusieurs épisodes pluvieux ont contribué à remonter ponctuellement le niveau de la nappe, même si la tendance reste à la baisse à l’échelle mensuelle. Elle a été plus marquée en ce mois d’octobre dans la partie centrale du système aquifère  , où les niveaux, modérément hauts à hauts en septembre, sont désormais proches de la moyenne à modérément hauts. Au nord-ouest et au sud-est, ils restent quant à eux modérément bas. A l’échelle du système aquifère  , les niveaux restent proches de la moyenne, comme au mois de septembre.

Nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne
Après trois mois de baisse généralisée des niveaux, ceux-ci se stabilisent ou remontent sur deux des quatre indicateurs ponctuels, dans les parties amont et aval de la nappe alluviale de la Garonne aval. Ces secteurs présentaient les niveaux les moins hauts du système aquifère  . C’est toujours le cas puisqu’ils restent modérément hauts dans la partie la plus amont de la vallée de la Garonne et proches de la moyenne dans le secteur girondin. Inversement, si les niveaux sont toujours orientés à la baisse dans la vallée de la Dordogne et la partie centrale de la nappe alluviale de la Garonne aval, ils y restent très hauts pour un mois d’octobre. Intégrés à l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont globalement hauts, comme au mois de septembre.

Nappe du Plio-Quaternaire aquitain
La tendance est à la baisse des niveaux pour la nappe du Plio-Quaternaire aquitain depuis le mois de mai 2018. Elle se maintient pour ce mois d’octobre pour l’ensemble des indicateurs ponctuels. Après six mois consécutifs de baisse, les niveaux restent globalement proches de la moyenne, comme aux mois d’août et septembre. Les contrastes locaux observés les mois précédents ont tendance à s’effacer, puisque les niveaux sont désormais modérément bas pour trois des quatre indicateurs ponctuels présentant des données pour ce mois d’octobre. La seule exception concerne le secteur sud des Landes, où ils étaient très hauts et sont désormais hauts. A l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont donc proches de la moyenne, comme au mois d’août et septembre. Toutefois, ce résultat est influencé par l’absence de données depuis le 12 octobre pour l’indicateur situé au sud de Bordeaux, qui présentait des niveaux bas et très bas les deux mois précédents. S’il avait visiblement atteint son niveau d’étiage au mois de septembre et avait commencé à se recharger, sa présence pour le calcul de l’IPS d’octobre 2018 aurait sans doute conduit à un niveau modérément bas pour la nappe du Plio-Quaternaire aquitain.

Nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau
Les résultats pour ce mois d’octobre 2018 sont conditionnés par l’absence de données pour 2 des 4 indicateurs ponctuels du système aquifère  , mesurant le niveau de la nappe dans la partie amont de la vallée de l’Adour et dans la nappe alluviale du Gave de Pau. Les deux autres points suivant la nappe de l’Adour présentent une stabilisation des niveaux, indiquant un étiage vraisemblablement atteint début octobre. Les niveaux restent modérément bas dans la partie centrale de la vallée de l’Adour, comme en août et septembre. Dans la partie aval, les données étaient indisponibles au moment de la rédaction du BSH ces trois derniers mois en raison de problèmes de télétransmission, mais les niveaux sont restés très hauts depuis le mois d’avril, et c’est toujours le cas en ce mois d’octobre. A l’échelle du système aquifère  , les niveaux restent modérément hauts et stables, mais ce résultat est biaisé par l’absence de données pour la moitié des indicateurs ponctuels.

Nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents
Pour les nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents, les niveaux restent orientés à la baisse sur l’ensemble des indicateurs ponctuels. Concernant les niveaux proprement dits, les observations des mois précédents restent vraies, avec un clivage entre la partie amont et la partie aval du système aquifère  , comparable à celui du mois de septembre. Au sud, dans la vallée de l’Ariège et la vallée de la Garonne en amont du confluent avec l’Ariège, les niveaux sont très hauts. Plus au nord, dans la vallée de la Garonne toulousaine (entre les confluents avec l’Ariège et le Tarn) et dans les vallées du Tarn et de l’Aveyron, les niveaux sont proches de la moyenne à modérément hauts. Comparé au reste du bassin, ce secteur a connu une recharge des nappes moindre pendant l’hiver et le printemps 2017-2018, en particulier dans son secteur tarn-et-garonnais, mais le tarissement y a aussi été moins marqué qu’ailleurs pendant l’été. A l’échelle du système aquifère  , et sous l’influence des niveaux très hauts de la partie amont, les niveaux restent donc hauts, comme en septembre.

Aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur
Pour les calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur, deux tendances distinctes se dessinent : les niveaux sont toujours orientés à la baisse sur la partie charentaise, mais ils sont stabilisés pour les sources des Causses du Quercy et des Grands Causses. Ils sont même orientés à la hausse dans le sud du Quercy. Comme au mois de septembre, les niveaux sont contrastés, variant de très bas à modérément hauts. Ils ont peu varié pour les sources des causses : très bas dans la partie centrale du Quercy, modérément bas plus au nord, proches de la moyenne dans les Grands Causses et modérément hauts dans le sud du Quercy, où la tendance à la hausse s’observe sur l’IPS. Inversement, dans la partie charentaise, qui présentait les niveaux les plus hauts entre juin et août, les niveaux sont désormais modérément bas à bas. La baisse des niveaux s’y poursuit de manière constante, dans l’attente d’épisodes pluvieux permettant d’entamer la période de recharge. A l’échelle du système aquifère  , en raison de ces disparités locales, les niveaux restent proches de la moyenne.

Vous pouvez également consulter le BSH national au 1er novembre 2018 :

Note d’information sur l’état des nappes d’eau souterraine.

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