BSH des nappes du bassin Adour-Garonne au 1er janvier 2019

Le Bulletin de Situation Hydrologique (BSH) est un outil de veille hydrologique qui permet de suivre l’évolution du débit des principaux cours d’eau et des réserves en eaux souterraines, notamment en période d’étiage.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la manière dont le Bulletin de Situation Hydrologique des nappes est calculé par le BRGM ici.

Les 6 indicateurs et les 32 points de suivi du bassin Adour-Garonne sont décrits dans l’article suivant.

Commentaire général au 07/01/2019 :
Alors que les pluies de la seconde quinzaine d’octobre 2018, après un été notablement sec, n’avaient pas permis de faire remonter les niveaux sur la plupart des indicateurs, les précipitations enregistrées en novembre et décembre ont permis d’entamer la période de recharge des nappes libres à l’échelle de l’ensemble du bassin Adour-Garonne. En effet, les niveaux sont orientés à la hausse sur près des 2/3 des indicateurs ponctuels (63%). Ailleurs, les niveaux restent stables (27%), voire ont baissé en décembre (10%). A l’échelle des indicateurs globaux, les niveaux sont en hausse sur 2/3 des systèmes aquifères. Les deux exceptions concernent les nappes alluviales de la Garonne (amont et aval) et de ses affluents, où les niveaux sont stables par rapport à novembre 2018.

A l’échelle du bassin Adour-Garonne, la pluviométrie enregistrée depuis l’étiage de septembre-octobre se traduit par une recharge limitée. En effet, alors que les niveaux étaient globalement compris entre la moyenne et des niveaux hauts en septembre et octobre, ils sont désormais de modérément bas à modérément hauts en ce mois de décembre 2018. La situation reste contrastée géographiquement : les niveaux modérément bas sont relevés dans la partie sud-ouest, pour le Plio-Quaternaire aquitain et la nappe alluviale de l’Adour. Inversement, les niveaux restent modérément hauts pour les alluvions de la Garonne (amont et aval) et de ses affluents, ainsi que pour les calcaires karstiques du Jurassique. Enfin, au nord en Charentes et en Dordogne, le niveau des aquifères calcaires du Crétacé est proche de la moyenne.
A l’échelle des indicateurs ponctuels, 43% des niveaux sont supérieurs à la moyenne pour un mois de décembre, un chiffre stable par rapport au mois d’octobre (39%). Par contre, les secteurs où les niveaux étaient hauts ou très hauts se sont raréfiés (13% contre 25% en octobre) et encore plus les secteurs où les niveaux sont très hauts (3% contre 21%). Inversement, seuls 27% des points de suivi présentent désormais des niveaux inférieurs à la moyenne, contre 39% en octobre (mais autour de 25% en août-septembre). La plupart de ces points présentent des niveaux modérément bas : seuls trois indicateurs ponctuels présentant un niveau bas à très bas.

Dans l’ensemble, après une année 2018 contrastée où se sont succédées une longue période de recharge et une intense sécheresse estivale, qui s’est prolongé au début de l’automne, on constate que le début de cette période de recharge 2018-2019, marquée par une hausse des niveaux sur la majorité des points de suivi, est l’occasion d’un resserrement des niveaux piézométriques autour de la moyenne, avec peu de niveaux bas ou hauts.

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Aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois
Après quatre mois de baisse niveaux sur tous les indicateurs ponctuels entre juillet et octobre 2018, les niveaux sont désormais partout à la hausse en décembre. Cette hausse est toutefois contrastée, puisque sur la façade atlantique, elle ne se traduit pas par une hausse de l’IPS : les niveaux y sont modérément bas à proche de la moyenne (contre modérément bas à modérément haut en octobre). Inversement, dans la partie orientale du système aquifère  , les niveaux sont désormais proche de la moyenne à haut (contre modérément bas à proche de la moyenne en octobre). A l’échelle du système aquifère  , les niveaux restent proches de la moyenne, comme aux mois de septembre et octobre.

Nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne
Comme au mois d’octobre 2018, l’évolution des niveaux est contrastée dans les alluvions de la Garonne aval et de la Dordogne : en hausse dans la partie girondine de la vallée de la Garonne, stables un peu plus en amont, dans le Lot-et-Garonne, mais en baisse dans la vallée de la Dordogne (une tendance continue depuis le mois de juillet). Dans ce secteur, les niveaux, très hauts depuis le mois de mai, sont désormais simplement hauts. Ils restent proches de la moyenne dans le secteur girondin des alluvions de la Garonne et sont désormais modérément hauts pour les deux indicateurs du Lot-et-Garonne. Intégrés à l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont globalement stables et modérément hauts, alors qu’ils étaient hauts en septembre et octobre.

Nappe du Plio-Quaternaire aquitain
La tendance s’est inversée pour la nappe du Plio-Quaternaire aquitain où la baisse était générale depuis le mois de mai 2018. En décembre, quatre des cinq indicateurs voient leur niveau monter, la seule exception se situant dans la partie méridionale du système aquifère  , où les niveaux sont stable. Néanmoins, la conséquence de ces six mois consécutifs de baisse généralisée, est l’observation de niveaux relativement plus bas que dans le reste du bassin Adour-Garonne : modérément bas à l’est du bassin d’Arcachon, ils sont bas et très bas dans la partie centrale. Seule la partie méridionale présente des niveaux proches de la moyenne, mais ils étaient encore hauts dans ce secteur au mois d’octobre, et très hauts les mois précédents. A l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont désormais modérément bas, alors qu’ils étaient proches de la moyenne depuis août (même si le résultat était faussé par l’absence de données au mois d’octobre pour l’indicateur présentant les niveaux les plus bas).

Nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau
Pour la nappe alluviale de l’Adour, la tendance est à la hausse des niveaux pour la partie centrale et aval, mais reste orientée à la baisse dans la partie amont. On retrouve ce contraste géographique dans l’observation des niveaux puisque ceux-ci sont bas en amont, modérément bas dans la partie centrale, et proches de la moyenne dans le secteur le plus en aval. En amont et en aval, cela dénote une forte baisse de l’IPS, puisqu’il indiquait encore des niveaux très hauts respectivement en septembre et octobre. Quant à la nappe alluviale du Gave de Pau, les données de l’indicateur étaient trop lacunaires pour présenter l’IPS, mais la tendance sur les 11 premiers jours du mois était à la hausse des niveaux, ceux-ci étant modérément bas. A l’échelle du système aquifère  , les niveaux sont donc en hausse, mais modérément bas alors qu’ils étaient modérément hauts depuis août.

Nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents
Pour les nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents, les niveaux sont stables en ce mois de décembre 2018 pour la majorité des indicateurs ponctuels. Les seules exceptions concernent la partie amont du système aquifère   : dans la vallée de la Garonne, les niveaux sont en hausse alors qu’ils sont en baisse dans la vallée de l’Ariège. Concernant les niveaux proprement dits, le clivage entre la partie amont (niveaux plus bas) et la partie aval (niveaux plus hauts) du système aquifère   constatée les mois précédents n’est plus d’actualité. La pluviométrie des mois de novembre et décembre a permis un rééquilibrage des niveaux, qui sont désormais modérément hauts sur la majorité des indicateurs ponctuels. Les seules exceptions concernent les alluvions de la Garonne en Haute-Garonne : les niveaux sont hauts en amont du confluent avec l’Ariège, et modérément bas à l’extrême nord du département. A l’échelle du système aquifère  , les niveaux encore hauts en octobre, sont désormais modérément hauts, et stables pour le mois de décembre.

Aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur
Pour les calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur, là encore, la tendance est à l’homogénéisation des niveaux sur l’ensemble du système aquifère  , là où un contraste entre les Causses et la partie charentaise s’était dessiné les mois précédents. En décembre 2018, les niveaux sont partout en hausse, à la seule exception du sud des Grands Causses. De même, alors que les niveaux étaient plutôt modérément bas, voire bas à très bas, en octobre, les niveaux sont désormais proches de la moyenne à modérément hauts. A la pointe sud des Causses du Quercy, ils sont même désormais très hauts. A l’échelle du système aquifère  , le début de cette période de recharge a permis de faire passer les niveaux de proches de la moyenne à modérément hauts.

Vous pouvez également consulter le BSH national au 1er janvier 2019 :

Note d’information sur l’état des nappes d’eau souterraine.

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