BSH des nappes du bassin Adour-Garonne au 1er juillet 2020

Le Bulletin de Situation Hydrologique (BSH) est un outil de veille hydrologique qui permet de suivre l’évolution du débit des principaux cours d’eau et des réserves en eaux souterraines, notamment en période d’étiage.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la manière dont le Bulletin de Situation Hydrologique des nappes est calculé par le BRGM ici.

Les 6 indicateurs et les 32 points de suivi du bassin Adour-Garonne sont décrits dans l’article suivant.

Afin de visualiser plus rapidement les tendances des derniers mois et de comparer la situation à la même époque les années précédentes, les IPS des derniers mois, et des mêmes mois des années antérieures sont présentés sous forme graphique, en complément de l’indice IPS et de la tendance du mois dernier.

En plus de ces cartographies, toutes les chroniques piézométriques (évolution des niveaux sur les 30 dernières années et sur la dernière année) sont présentées simultanément pour chaque système aquifère  , à l’exception des aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur, séparés en partie nord (Charentes) et sud (sources des Causses).

Afin de comparer l’évolution des niveaux sur un même graphique, le niveau piézométrique   se voit soustraire la moyenne des niveaux mensuels moyens d’étiage ou HMNA [1]. Cela permet à la fois de comparer les recharges / tarissements entre les différents secteurs d’un même système aquifère  , et de positionner le niveau par rapport à celui d’un étiage moyen. Comme pour le calcul des IPS, ce dernier point est toutefois conditionné par le fait que les chroniques n’ont pas la même durée et peuvent recouper des cycles hydrologiques différents.

Commentaire général au 06/07/2020 :
Alors que les précipitations du mois de mai avaient permis une recharge ponctuelle des nappes sur plus de la moitié des indicateurs, au moins de juin, si la pluviométrie a été proche de la moyenne, en période de forte croissance des plantes, elle ne s’est pas traduite par de la pluie efficace. En conséquence, la décharge saisonnière des nappes a repris sur l’ensemble du bassin Adour-Garonne, avec 97% des indicateurs ponctuels orientés à la baisse, la seule exception concernant une source des Grands Causses, un secteur où les précipitations ont été plus abondantes que sur le reste du bassin.
Toutefois, en raison d’une recharge 2019-2020 nettement excédentaire, les niveaux restent très majoritairement supérieurs à proches de la moyenne pour un mois de juin. Quant à l’IPS, ce mois de juin se caractérise par :

  • Une nette majorité (68%) de niveaux supérieurs à la moyenne, un chiffre toutefois en baisse par rapport aux mois précédents ;
  • Un indicateur sur cinq (19%) avec un niveau proche de la moyenne ;
  • Un indicateur sur cinq (19%) avec un niveau haut ou très haut, un chiffre également en baisse par rapport aux mois précédents ;
  • Quatre indicateurs (10%) avec un niveau bas ou très bas, toujours concentrés dans le secteur des Casses du Quercy ;
  • Aucun niveau très bas et un seul niveau bas. Si les chiffres bruts indiquent des IPS globalement un peu inférieurs à ceux des mois précédents, ces résultats sont à relativiser du fait de 5 indicateurs présentant un IPS proche de la classe supérieure (3 niveaux modérément hauts proches d’un niveau haut et 2 niveaux proches de la moyenne proches d’un niveau modérément haut). Cette décharge proche de la normale pour un mois de juin est un témoin des conditions climatiques ni excessivement sèches, ni excessivement chaudes en juin 2020. Si la baisse des niveaux est générale, ceux-ci restent donc modérément hauts à proches de la moyenne à l’échelle du bassin Adour-Garonne. Les niveaux les plus hauts sont essentiellement enregistrés dans les nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne et dans la nappe du Plio-Quaternaire aquitain. Inversement, les niveaux les plus bas sont toujours enregistrés dans les Causses du Quercy. Par rapport aux années précédentes, la situation apparaît plus favorable qu’en 2017 et 2019, mais moins favorable qu’en 2018, où le mois de juin avait été marqué par de fortes précipitations. info document - PNG - 1.6 Mo
    Bilan Global
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    BSH Compar IP

Aquifères calcaires libres du Crétacé supérieur du Périgord et du bassin angoumois
Malgré quelques épisodes ponctuels de recharge, la tendance générale à la baisse est observée sur l’ensemble des indicateurs ponctuels.
Quant à l’IPS, seul le piézomètre le moins réactif, Bourrou (24, SO Périgueux) a vu son niveau passé de très haut en mai à proche de la moyenne (mais proche d’un niveau modérément haut) en juin. Les trois autres indicateurs ont conservé le même IPS qu’en mai : proche de la moyenne à Dignac (16, SE Angoulême), modérément haut à Mortagne-sur-Gironde (17, estuaire Gironde) et haut à Saint-Agnant (17, Sud Rochefort).
Cela traduit une décharge dans la moyenne pour un mois de juin, même si elle atteint 2 m à Mortagne-sur-Gironde, le piézomètre le plus réactif. Le niveau y reste tout de même plus de 5 m supérieur au niveau d’étiage moyen à la fin du mois. A Dignac et Mortagne-sur-Gironde, le niveau fin juin reste supérieur d’environ 2,5 m au HMNA. Enfin, à Bourrou, au battement nettement moindre, le niveau n’est plus que quelques dizaines de centimètres au-dessus de l’étiage moyen.

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Chroniques IG17

Nappes alluviales de la Garonne aval et de la Dordogne
Tous les indicateurs ponctuels suivent la tendance générale à la baisse des niveaux moyens en juin.
Quant à l’IPS, à l’image des mois précédents, c’est dans ce secteur que les niveaux les plus hauts du bassin sont recensés : niveau très haut à Sauveterre-Saint-Denis (47, SE Agen) et Latresne (33, SE Bordeaux), haut à La Force (24, Ouest Bergerac) et modérément haut à Marcellus (47, Ouest Marmande), où la présence de pompages ponctuels a affecté le niveau moyen, qui reste néanmoins proche d’un niveau modérément haut.
Par ailleurs, Marcellus est le piézomètre le plus réactif et conserve un niveau plus de 1,5 m au-dessus du niveau d’étiage moyen à la fin juin. Pour les autres points de suivi, aux battements moins importants, les niveaux restent entre 0,7 et 0,9 m au-dessus du HMNA à la fin juin.

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Chroniques IG18

Nappe du Plio-Quaternaire aquitain
Tous les indicateurs ponctuels suivent la tendance générale à la baisse des niveaux moyens en juin, malgré quelques épisodes ponctuels de recharge, notamment pour Le Temple (33, Ouest Bordeaux), Lanton (33, O-SO Bordeaux) et Ychoux (40, Sud bassin d’Arcachon). Inversement, Saucats (33, Sud Bordeaux) a connu une accélération de la décharge à la fin du mois de juin.
Quant à l’IPS, les niveaux restent proches de la moyenne à Saucats et très hauts dans les Landes à Ychoux et Campet-et-Lamolère (40, Ouest Mont-de-Marsan). Seuls Le Temple et Lanton connaissent une baisse de leur IPS par rapport au mois de mai, avec un passage d’un niveau très haut à un niveau modérément haut.
Sur ces deux piézomètres voisins et au battement comparable, le niveau reste supérieur au niveau d’étiage moyen d’environ 0,6 à 0,7 m à la fin du mois de juin. C’est également le cas pour Saucats, suite à l’accélération de la décharge en fin de mois sur ce piézomètre, au battement beaucoup plus important. A Ychoux, au fort battement également, le niveau est encore supérieur de 1,5 m au HMNA à fin juin. Enfin, pour le piézomètre le moins réactif, plus au sud, à Campet-et-Lamolère, le niveau reste supérieur à l’étiage moyen d’environ 0,5 m à mi-juin.

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Chroniques IG19

Nappes alluviales de l’Adour et du Gave de Pau
Tous les indicateurs ponctuels suivent la tendance générale à la baisse des niveaux moyens en juin, malgré quelques épisodes de recharge ponctuelle sur les piézomètres les plus réactifs, dans la vallée du Gave (Saint-Cricq-du-Gave, 40, Ouest Orthez) et l’aval de la vallée de l’Adour (Tarsac, 32, SE Mont-de-Marsan).
Quant à l’IPS, la décharge a été plus marquée que dans d’autres secteurs du bassin puisque tous les indicateurs ponctuels descendent d’une ou deux classes. Les niveaux sont désormais modérément hauts à Laloubère (65, Sud Tarbes), Tarsac et Saint-Cricq-du-Gave (sur les 12 premiers jours du mois, données insuffisantes pour donner un IPS fiable) et modérément bas à Lafitole (65, Nord Tarbes).
Toutefois, le battement de la nappe est très faible (environ 0,5 m) et la chronique est plus longue à Lafitole, incluant notamment le milieu des années 1990 et ses niveaux hauts. Le niveau, au-dessus du niveau d’étiage moyen depuis début novembre, est repassé quelques centimètres sous le HMNA à fin juin.
A Tarsac, le niveau reste autour de 0,5 m au-dessus du HMNA à la fin juin, alors que pour Laloubère, aux variations moins brutales, la récession n’a recommencé qu’à la toute fin du mois de mai et le niveau dépasse encore de 1,2 m le niveau d’étiage moyen à la fin juin.

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Chroniques IG20

Nappes alluviales de la Garonne amont et de ses principaux affluents
Tous les indicateurs ponctuels suivent la tendance générale à la baisse des niveaux moyens en juin, avec une baisse continue des niveaux au cours du mois, à l’exception du piézomètre le plus réactif, Saint-Elix (31, NE Cazères), qui a connu quelques épisodes de recharge ponctuelle, notamment en début de mois, avant de connaître une décharge plus prononcée.
Quant à l’IPS, la situation est quasiment identique au mois de mai : 5 des 7 indicateurs ponctuels présentent un niveau modérément haut pour un mois de juin. Les seules exceptions concernent Le Fauga (31, Sud Muret), où le niveau est désormais proche de la moyenne (mais reste proche d’un niveau modérément haut) et Saint-Porquier (82, SE Castelsarrasin), où le niveau reste proche de la moyenne. Dans ce cas, l’IPS moins élevé s’explique par une chronique nettement plus longue, que les autres, incluant notamment le milieu des années 1990 et ses niveaux hauts.
Toutefois, le niveau y est comme partout ailleurs supérieur au niveau d’étiage moyen. Les niveaux à fin juin restent supérieurs au HMNA de 0,25 (Saint-Porquier) à 1,25 m (Saint-Elix), malgré la baisse continue de 0,1 à 0,5 m enregistrée au cours du mois.

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Chroniques IG21

Aquifères calcaires karstifiés libres du Jurassique moyen et supérieur
A l’image du reste du bassin, la plupart des indicateurs ponctuels suivent la tendance générale à la baisse des niveaux au mois de juin. La seule exception concerne la source du Cernon (12, Sud Millau), où le niveau est resté stable. Toutefois, la chronique souffre de lacunes, notamment à la fin du mois.
Quant à l’IPS, il n’a subi quasiment aucune évolution par rapport au mois de mai. La seule exception concerne cette fois-ci le ruisseau du Blagour (46, Nord Souillac), où le niveau passe de modérément bas à bas. Cela accentue encore la disparité géographique entre les Causses du Quercy, les niveaux restant modérément bas pour les sources de Lantouy (12, Est Cahors) et de la Gourgue (82, Est Caussade), et les autres aquifères jurassiques.
Dans les Grands Causses (les Bardels, 12, Nord Rodez et le Cernon), les niveaux restent modérément hauts. C’est également le cas dans les Charentes, à l’exception de Ballans (17, NO Angoulême), dont le niveau reste proche de la moyenne.
Sur les piézomètres charentais, aux forts battements saisonniers, les niveaux restent supérieurs au niveau d’étiage moyen de 2,3 à 10 m à fin juin.
Pour les systèmes karstiques des Causses dont le niveau est suivi via celui des sources constituant leurs exutoires, l’amplitude de variation des niveaux est évidemment moindre, et la réactivité aux épisodes de précipitations est encore plus marquée. Les niveaux, restent supérieurs de quelques centimètres à 0,2 m au HMNA à la fin du mois de juin, avec un niveau plus élevé pour le Lantouy, sous l’effet de précipitations à la fin du mois.

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Chroniques IG22N


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Chroniques IG22S

Vous pouvez également consulter le BSH national au 1er juillet 2020 (liens actifs quelques jours après la publication de cet article) :

Note d’information sur l’état des nappes d’eau souterraine.

Carte de France de la situation des nappes au 1er juillet 2020.

[1HMNA = minimum sur l’année des moyennes mensuelles (correspondant généralement dans le bassin Adour-Garonne à un mois compris entre août et octobre).

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